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Améliorer la sécurité dans les aéroports

National Post - December 19, 2014

Nationalnewswatch - December 22, 2014 

Huffington Post - December 31, 2014

par Colin Kenny

J’aimerais bien que le temps des Fêtes se résume à chanter des airs de Noël ou à déguster une bonne bûche; malheureusement, il apporte aussi certains désagréments, comme le stress de prendre l’avion dans la période la plus occupée de l’année, et les lacunes du système de sécurité dans les aéroports canadiens n’arrangent rien.

Le gouvernement canadien doit évidemment accorder une importance primordiale à la sécurité des citoyens qui prennent l’avion, mais sans mettre l’efficacité de côté. Malheureusement, c’est un concept qui semble complètement étranger à notre gouvernement.  

Pour tenter de réduire le fardeau imposé par les contrôles de sécurité aux voyageurs fréquents, les gouvernements du Canada et des États-Unis ont créé des programmes pour les voyageurs « dignes de confiance ». Au Canada, ce programme s’appelle NEXUS; il offre à ses membres – qui ont fourni les renseignements nécessaires à une vérification préalable de leurs antécédents – un passage accéléré à la frontière avec les États-Unis et des files réservées dans les aéroports.

Le problème, c’est que ces voyageurs dignes de confiance sont traités de façon très différente dans les deux pays. Les États-Unis ont abandonné l’ancien modèle uniforme de contrôle des voyageurs et étendu leurs programmes; cela permet aux passagers de passer rapidement les procédures de sécurité aussi bien pour les vols nationaux que pour les vols internationaux. Sans retirer leurs chaussures ni sortir leur ordinateur de leur sac, ils ont accès à des contrôles accélérés, alors que jusqu’à très récemment, tous les membres de NEXUS étaient fouillés exactement comme les autres voyageurs.

C’est probablement pour régler ce problème que le gouvernement canadien vient d’annoncer l’ouverture de voies de contrôle de sécurité accélérées dans quatre des aéroports les plus achalandés du pays. Mais ce n’est pas suffisant. Contrairement à ce qui se passe aux États-Unis, les nouvelles files excluent les vols nationaux et sont réservées aux voyageurs à destination des États-Unis. Si un voyageur à faible risque est autorisé à contourner les contrôles habituels pour un vol international, pourquoi ne peut-il pas le faire s’il reste au Canada?

Il faut dire que la plupart des vols qui partent des aéroports canadiens sont des vols nationaux : pour la majorité des détenteurs d’une carte NEXUS, l’annonce de Transports Canada n’aura donc aucun impact pendant le temps des Fêtes. Le gouvernement pourrait et devrait faire mieux en proposant un contrôle accéléré dans tous les aéroports importants, aussi bien pour les vols nationaux que pour les vols internationaux.

En plus d’accélérer les contrôles pour les vols nationaux et internationaux, les aéroports américains proposent d’autres avantages. En effet, les réglages de leurs appareils de contrôle de sécurité les rendent plus efficaces qu’au Canada, apparemment sans effet négatif sur la sécurité : les scanneurs américains sont réglés de façon à repérer uniquement les objets métalliques qui pourraient vraisemblablement poser un risque. Ce n’est pas le cas dans la plupart des aéroports canadiens, où même la petite monnaie oubliée au fond d’une poche déclenche une alarme.

Les agents de sécurité des aéroports canadiens sont également beaucoup plus pointilleux dans leurs rapports avec les voyageurs que leurs vis-à-vis américains. Le personnel de la Transportation Security Administration des États-Unis semble avoir une attitude plus amicale que celui de l’Administration canadienne de la sûreté du transport aérien. Au Canada, les voyageurs soumis à une fouille sont traités davantage comme des suspects que comme des passagers. C’est peut-être à cause du manque de personnel, mais on pourrait s’attendre à ce que les frais de sécurité dans les aéroports de 15 $ que les Canadiens doivent débourser leur permettent d’être traités avec un peu plus de respect.

Étonnement, dans certains aéroports canadiens, nombreux sont ceux qui, sans être membres de NEXUS, peuvent contourner les files régulières. Les voyageurs en classe affaires, les détenteurs de la carte VISA Infinite, les membres Super Élite d’Air Canada, les membres Élite d’Air Transat et les membres VIPorter reçoivent un service accéléré, peu importe s’ils ont subi ou non une vérification des antécédents. Non seulement cela ralentit le processus pour les voyageurs dont le risque a déjà été jugé faible, mais cela décourage les autres de se donner la peine d’adhérer au programme.

Bien que les politiques sur la sécurité dans les aéroports relèvent du gouvernement fédéral, les procédures de contrôle semblent manquer d’uniformité d’un aéroport à l’autre. On pense particulièrement aux différences entre les lignes « accélérées » de contrôle de sécurité. On obtient comme résultat un foisonnement de pratiques qui entraînent la confusion chez les voyageurs et ralentissent le processus. Bien sûr, le Canada est un pays immense et très diversifié, mais la création d’une expérience de contrôle cohérente et agréable dans les aéroports ne devrait pas être impossible.

Les derniers changements annoncés par le gouvernement sont insuffisants et arrivent trop tard. Les Canadiens méritent mieux. 

[Colin Kenny a présidé le Comité sénatorial permanent de la sécurité nationale et de la défense. Kennyco@sen.parl.gc.ca]